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Des rives du Lac Majeur aux pavés du Vieux Nice

Quelle est cette lumière qui brille au loin dans le noir ? Un parapluie, une enseigne multicolore surplombant un magasin vieux de 167 ans. Dans l’atmosphère feutrée de la boutique, on trouve tout un tas de couleurs et de scintillements. Parapluies et Cannes de Collection cohabitent côte à côte pour le plus grand plaisir des yeux des passants.

L’histoire de ce lieu commença en 1850 lorsque Felippe COLOMBO, l’arrière oncle de l’actuel propriétaire, Gino BESTAGNO, décide d’acheter au 17 rue de la Préfecture l’immeuble de 4 étages dans lequel installa le magasin au rez-de-chaussée, l’atelier de fabrication au premier et ses appartements aux 2 derniers. C’est ainsi qu’il quitta ses montagnes lombardes longeant le Lac Majeur, berceau du métier de fabricant et réparateur de parapluies, pour les températures plus clémentes de la côte d’Azur. Le choix de cette rue n’est pas anodin, car à l’époque la rue de la Préfecture était le centre de Nice et donc la rue la plus animée et la plus commerçante de la ville.

Depuis plus de 35 ans, Gino BESTAGNO a su adapter son activité pour faire face à la nouvelle donne du marché. Aujourd’hui il possède l’un des trois derniers magasins en France ne vendant que du parapluie et de la canne.

Depuis sa création, la boutique est toujours restée dans la même famille même si la succession ne s’est pas souvent faite de père en fils mais plutôt d’oncle à neveu. C’est ainsi qu’en 1967, Gino BESTAGNO, formé sur les rouages du métier, rachète en viager le magasin à son oncle Augustin souhaitant se retirer pour prendre une retraite bien méritée après 30 ans de métier.

Face à la concurrence trop féroce des importations venues d’extrème orient, l’activité de confection située au 1er étage a dû cesser. Sur les 14 millions de parapluies vendus en France chaque année, plus de 8 millions viennent de l’étranger. En effet, le choix des tissus, des poignées et l’assemblage prendraient trop de temps pour être compétitifs. Pour lui, qualité, est le maître mot des articles qu’il propose. Les gens viennent de la France entière, des pays frontaliers et même d’outre-Atlantique pour avoir « du beau et du solide » sans se ruiner. Le nec plus ultra est le parapluie dit « du berger », une pièce d’une solidité à toutes épreuves, entièrement faite à la main avec « baleines » tenues avec des joncs et une toile de coton traitée à l’ancienne. C’est le produit le plus cher du magasin pour rester au sec en affrontant les pires tempêtes.

Autre facette de son métier, la canne de collection. De véritables passionnés courent les brocantes, antiquaires et autres salles de ventes. Sur leur carnet d’adresse figure à la lettre « B » le 17 rue de la Préfecture.

La canne a toujours été le reflet d’un statut dans la hiérarchie de la société. La majorité des cannes datent de la fin du 19è et du début du 20è siècle. Pommeau d’argent ciselé ou d’ivoire sculpté, en amourette, d’ébène ou de palissandre, du matin, de l’après-midi ou du soir, de ville, de chasse ou à système.

Tout a été fait en canne, à la fois objet d’art et objet utilitaire, leur cote ne cesse de prendre de la valeur. Canne à toise, pour mesurer le cheval au garrot; de grainetier : 3 orifices pratiqués à différentes hauteurs permettent de prélever des échantillons pour vérifier l’égale qualité du grain jusque dans le fond du sac. Canne de jeu, abritant des dés dans le pommeau, pour tuer le temps au cours d’un trajet en diligence. Canne lorgnette pour le théatre, canne périscope pour suivre un défilé dans la foule. Canne fusil de braconnier, cannes épées, aux pommeaux coquins sur lesquels s’abandonne une dame aux formes généreuses, gardiennes des messieurs partis s’encanailler le soir dans les troquets. Quant aux dames, elles pourront se dissimuler derrière un éventail qu’elles sortiront de la poignée ou bien se parfumer ou se repoudrer le nez.

Sur son métier, Gino BESTAGNO est lucide, il fait beaucoup moins de créations que dans le passé mais encore beaucoup de réparations. Et une chose est sûre, il terminera sa carrière dans le parapluie et la canne. Il n’en sera pas autrement.